J'ai la sensation que depuis toujours
Ma seule issue est que la Mort m'étreigne.
Aujourd'hui je n'attends plus rien des jours,
Sinon que sa fauche blanche me prenne.

Mon âme est trop gravement affolée,
Ma naissance fruit d'un jour erroné
Ici, personne ne veut m'enlacer;
Tu sais, on me l'a souvent répété.

Je n'ai jamais vraiment été aimée
De parenté, d'amour ou d'amitié,
La vomir, ô combien je le voudrais,
La vomir cette âme tant détestée.

Des jours, je me suis laissée emporter
Par quelques illusions démesurées :
Que sur ce Grand Théâtre je grimpais ...
Et chaque fois, je suis morte noyée.


La lassitude a fait que ton amour
Aimé de toutes mes flammes, s'éteigne.
Je souffre tellement de tes mamours,
Dont l'espace d'une vie, je fus reine !


# Posted on Sunday, 12 April 2009 at 10:47 AM

Gothique


J'exprime par le cuir de mes colliers
La soumission portée à mon amant,
Au travers de mes jupes dentelées
Les féminités taries par le temps.

Mes serre-tailles, les corps paufinant,
Font appel aux noblesse distinguées;
Sombres et hors du temps, mes vêtements
Me transportent en d'élégantes contrées.

# Posted on Tuesday, 31 March 2009 at 7:37 AM

Le couple se promenait, uni par la main, longeant les ruelles entrecroisées que le temps de la noblesse a bâti.
Les cheveux d'automne ondulés de la jeune fille, attachés aux côtés par de fines tresses, ondoyaient dans la brise légère des soirs de printemps. Elle portait une longue robe de velours pourpre. Ses seins étaient bordés de dentelles minutieuses et un corset noir honorait sa silhouette.
Ils marchaient sur les pavés gris et arrivaient, à l'issue du chemin à emprunté, dans un temple de nature ou pétillait une petite rivière.
L'homme qui l'escortait était marqué d'un dandysme sobre et ténébreux. Un chapeau noir coiffait ses cheveux clairs tombants sur ses épaules. Ses yeux pénétraient d'une couleur singulière, ces yeux de mystère obscur. Il avait des lèvres roses charnues.
Tenant sa belle du regard, il ôtait son chapeau d'un geste théâtral, et le faisait tournoyer jusqu'à un rocher environnant. Profitant de cette brève distraction manigancée, il surprenait de ses mains sa douce princesse, l'amenant par les hanches jusqu'à ses jambes frissonnantes de tendresse.

# Posted on Tuesday, 31 March 2009 at 7:32 AM


J'aurais aimé avoir l'aisance d'exister.

Je ne sais que graver les mots sur le papier.
Mon coeur étouffe. Mon âme voudrait parler.

Et je meurs d'une jalousie ensanglantée.


# Posted on Saturday, 28 March 2009 at 2:11 PM


Ces trop orgueilleux regardent une âme mourante
S'esclaffant en choeur, jetant mille éclats de voix.
Après cette scène sanglante d'épouvante,
Qu'es-tu, vide d'âme ! Qu'as-tu de plus que moi ?

# Posted on Saturday, 28 March 2009 at 2:10 PM